La culture d’entreprise, clé de voûte de la réussite à long terme
Avez-vous déjà cherché à identifier quels étaient les concepts fondateurs de votre culture d’entreprise ?

La santé mentale au travail n’est plus un sujet périphérique réservé aux situations de crise. Elle concerne le fonctionnement quotidien des organisations : charge de travail, autonomie, pratiques managériales, relations entre collègues, reconnaissance, équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore sécurité de l’emploi.
Lorsqu’ils sont protecteurs, ces facteurs favorisent l’engagement, la coopération et la performance durable. Lorsqu’ils se dégradent, ils peuvent au contraire alimenter le stress chronique, l’épuisement professionnel, les troubles anxieux ou dépressifs, l’absentéisme et le turnover.
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Comment définir la santé mentale ? Quels facteurs professionnels peuvent la protéger ou la fragiliser ? Pourquoi les employeurs ont-ils intérêt à agir et quelles actions mettre en place ? Voici les repères essentiels pour construire une politique de santé mentale au travail à la fois structurée, préventive et mesurable.
Souvent réduite à la maladie ou aux troubles psychiques, la santé mentale recouvre une réalité beaucoup plus large. Selon la définition de l’Organisation mondiale de la Santé, elle correspond à :
Un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté.
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Pendant longtemps, la santé mentale a été envisagée selon un modèle binaire : une personne était considérée soit comme malade, soit comme saine. Le développement de la psychiatrie et de la psychologie clinique a permis de mieux identifier et traiter les pathologies. Puis, à partir de la fin du XXe siècle, les recherches en psychologie positive ont élargi le regard : il ne s’agissait plus seulement de demander « qu’est-ce qui ne va pas ? », mais aussi « qu’est-ce qui permet à une personne de s’épanouir ? ». La santé mentale est ainsi devenue un spectre, et non une frontière.
→ Elle doit aujourd’hui être comprise comme un continuum dynamique. Chacun se situe quelque part sur ce continuum et peut évoluer au fil du temps, selon les événements vécus, ses ressources, ses conditions de vie et son environnement professionnel.
Au travail, la santé mentale influence notamment notre capacité à nous concentrer, à prendre des décisions, à réguler nos émotions, à entretenir des relations positives et à nous adapter aux changements. Inversement, l’activité professionnelle et son organisation peuvent protéger la santé mentale ou, au contraire, la fragiliser.
Une charge de travail réaliste, un management soutenant, de l’autonomie, de la reconnaissance, du sens et des relations professionnelles respectueuses constituent ainsi des facteurs protecteurs. À l’inverse, la surcharge, le manque de moyens, les conflits, les violences, l’insécurité professionnelle ou l’absence de reconnaissance peuvent favoriser une dégradation de la santé mentale.
La santé mentale ne fonctionne pas de manière binaire. Pour mieux comprendre les différentes situations vécues par les collaborateurs, utilisons le modèle développé par Corey Keyes qui croise deux dimensions : le niveau de bien-être psychologique et la présence éventuelle de symptômes ou de troubles psychiques.
On peut ainsi distinguer quatre grandes situations.
La personne ressent des émotions positives, trouve du sens dans ses activités, entretient des relations satisfaisantes et se sent capable d’agir sur son environnement. Elle dispose de ressources suffisantes pour affronter les difficultés et poursuit des objectifs qui comptent pour elle.
Cet état rejoint le modèle PERMA développé par Martin Seligman. Il décrit cinq piliers de l’épanouissement :
→ Être dans une situation de bien-être florissant ne signifie pas ne jamais rencontrer de stress ou de difficultés. Cela signifie disposer de ressources pour les traverser sans que l’équilibre général soit durablement altéré.
La personne ne présente pas nécessairement de trouble caractérisé, mais elle ne se sent pas pleinement épanouie. Elle peut manquer d’élan, de motivation ou de sens, tout en continuant à remplir ses obligations. La vie « tourne », les tâches sont réalisées, mais sans enthousiasme particulier.
→ Cette zone est particulièrement difficile à repérer dans l’entreprise. Le collaborateur est présent et semble fonctionner normalement, mais il peut travailler en pilote automatique, s’investir de moins en moins, ressentir une fatigue croissante et avoir des difficultés à se réveiller reposé le matin, manquer d’énergie pour discuter avec ses collègues mais aussi pour voir sa famille ou ses amis, etc.
La présence d’un trouble anxieux, dépressif ou d’une autre difficulté psychique n’empêche pas systématiquement une personne de conserver des ressources et un fonctionnement professionnel satisfaisant. Les soins, le soutien social, l’adaptation du poste et la qualité de l’environnement de travail jouent ici un rôle déterminant.
→ Avoir un trouble psychique ne signifie donc ni être incapable de travailler ni se trouver constamment en situation de détresse. Une personne peut apprendre à connaître son fonctionnement, mobiliser des stratégies efficaces, être accompagnée par des professionnels et évoluer dans un cadre de travail protecteur.
Dans cette situation, les symptômes affectent significativement la vie quotidienne et professionnelle. La personne peut éprouver des difficultés à se concentrer, à prendre des décisions, à interagir avec les autres ou à accomplir ses tâches habituelles. Elle peut continuer à fonctionner, mais au prix d’un effort très important, ou ne plus parvenir à maintenir son quotidien.
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Si chaque individu réagit différemment face à la pression et aux contraintes de son environnement de travail, on sait que certains facteurs ont indéniablement un impact sur la santé mentale des collaborateurs :
Malgré une meilleure prise en compte du sujet, plusieurs idées reçues continuent d’alimenter la stigmatisation, de freiner la prévention et de retarder la demande d’aide.
« La santé mentale concerne uniquement les personnes fragiles. »
Tout le monde peut traverser une période difficile, quel que soit son statut, sa personnalité ou sa force apparente. Les personnes perçues comme les plus solides peuvent d’ailleurs souffrir en silence pendant longtemps avant de demander de l’aide.
« Il suffit de faire un effort pour aller mieux. »
Les troubles psychiques reposent sur des mécanismes biologiques, psychologiques et sociaux réels. La volonté seule ne suffit pas à les faire disparaître, pas plus qu’elle ne suffit à soigner une maladie physique. Présenter la souffrance mentale comme un manque d’effort risque au contraire de renforcer la culpabilité de la personne concernée.
« Consulter un psychologue signifie que l’on est malade. »
La psychothérapie ne s’adresse pas uniquement aux personnes présentant un trouble diagnostiqué. Elle peut aussi aider à traverser une période de stress professionnel, un deuil, une transition, un conflit, une séparation ou une perte de repères. Consulter un professionnel constitue une démarche de prévention et de soin.
« La psychologie positive consiste simplement à penser positif. »
La psychologie positive est une discipline scientifique qui étudie les conditions permettant aux individus de s’épanouir. Elle ne vise ni à nier les difficultés ni à imposer une attitude optimiste en toutes circonstances. Elle s’intéresse aux ressources, aux relations, au sens, à l’engagement et à l’accomplissement.
« Une ligne d’écoute suffit à résoudre les difficultés. »
Les solutions individuelles sont utiles, mais le bien-être est systémique. Le sommeil, l’activité physique, les relations sociales, la situation économique, les discriminations et les conditions de travail influencent également la santé mentale. Une politique efficace doit donc combiner accompagnement individuel, prévention collective et actions sur l’organisation du travail.
Des temps forts comme les SISM, les Semaines d’information sur la santé mentale, permettent de déconstruire ces représentations, de sensibiliser les équipes et de créer des espaces de dialogue.
Mieux vaut prévenir que guérir : voici un dicton on ne peut plus vrai, qu’il s’agisse de santé physique ou mentale.
Pour satisfaire une volonté salariale forte et s’inscrire dans les tendances RH à venir, pour permettre à l’entreprise de devenir plus saine et performante, pour répondre aux obligations légales… Tour d’horizon des bonnes raisons de prêter attention, en tant qu’employeur, au bien-être mental au travail.
La santé mentale ne constitue pas seulement un sujet individuel. Ses effets peuvent se répercuter sur les collègues, les managers, les équipes et l’organisation dans son ensemble. Fatigue, irritabilité, difficultés de concentration, isolement et perte de motivation peuvent progressivement affecter les relations professionnelles et la qualité du travail.
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Ces difficultés peuvent être renforcées lorsque le cadre de travail reste générateur de risques psychosociaux et que la qualité des conditions de travail n’est pas placée au centre des préoccupations de l’employeur.
Les conséquences sont également visibles dans les arrêts de travail. Selon le baromètre Ipsos BVA réalisé pour Workplace Options en mars 2026, 43 % des actifs du secteur privé ayant été arrêtés au cours des douze derniers mois déclarent que leur arrêt était lié, au moins en partie, à un motif psychologique. L’étude a été menée auprès de 2 000 salariés, dirigeants et travailleurs indépendants.
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Agir sur la santé mentale répond donc à un enjeu éthique et social, mais aussi organisationnel et économique. Au-delà des absences, un collaborateur en difficulté peut rester présent sans disposer de toutes les ressources nécessaires pour travailler efficacement. Ce présentéisme, moins visible dans les tableaux de bord, peut affecter durablement la qualité du travail et le fonctionnement collectif.
Le bien-être psychologique des collaborateurs joue un rôle important dans la performance, l’engagement et la motivation. Lorsque leur santé mentale est préservée, ils sont généralement mieux à même de se concentrer, de gérer la pression et de faire face aux imprévus. Ces conditions favorisent la qualité du travail et limitent les erreurs.
Une bonne santé mentale contribue également à renforcer l’engagement envers l’entreprise. Reconnu et soutenu, le collaborateur développe son sentiment d’appartenance, lui-même facteur de fidélisation et de réduction du turnover.
Enfin, un environnement de travail serein et bienveillant soutient aussi la créativité et l’innovation. Les collaborateurs sont davantage enclins à explorer de nouvelles idées, à prendre des initiatives et à proposer des solutions. Or, l’innovation est un élément-clé dans le développement et la compétitivité d’une organisation.
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La santé mentale influence directement les fonctions cognitives. La dépression, l’anxiété et le stress chronique peuvent donc affecter la mémoire de travail, la planification, la vitesse de traitement de l’information et la capacité à maintenir son attention. En pratique, cela peut se traduire par davantage d’erreurs, des délais allongés, une difficulté à hiérarchiser les tâches ou une baisse de la qualité du travail.
La santé mentale joue également un rôle dans la régulation émotionnelle. Un collaborateur en détresse peut percevoir plus fortement les situations menaçantes, réagir de manière plus intense aux désaccords et avoir besoin de davantage de temps pour retrouver son équilibre. À l’échelle d’une équipe, cela peut favoriser les conflits, réduire la coopération et dégrader progressivement le climat de travail.
Le présentéisme représente un autre mécanisme important : il désigne le fait de travailler malgré un état de santé dégradé, avec une capacité réduite à se concentrer ou à être pleinement efficace. Une étude de Stewart et al., publiée dans le JAMA, estime qu’un salarié souffrant de dépression perd en moyenne 27 jours de productivité par an, dont 18 en raison du présentéisme. La majorité de la perte intervient donc alors que la personne est physiquement présente au travail, mais avec une capacité réduite. Ce phénomène reste souvent invisible pour les managers. Contrairement à l’absence, il n’apparaît pas directement dans les tableaux de bord, alors qu’il peut se traduire par une baisse de concentration, un ralentissement, davantage d’erreurs et une moindre capacité à prendre des décisions.
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Comme évoqué plus tôt, un manque d’investissement dans la santé mentale risque de générer de l’absentéisme, du présentéisme et du turnover, qui représentent des coûts colossaux pour l’entreprise. Ces situations obligent en effet à multiplier les processus de recrutement coûteux, à former continuellement de nouveaux collaborateurs et empêchent de profiter de l’expérience de collaborateurs ayant de l’ancienneté.
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Par ailleurs, l’entreprise peut subir des conséquences juridiques et financières si elle n’agit pas en faveur de la santé mentale de ses salariés. L’article L. 4121-1 du Code du travail impose effectivement à l’entreprise de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, y compris sur le plan psychologique. Si les actions nécessaires ne sont pas prises, l’entreprise peut voir sa responsabilité civile et sa responsabilité pénale engagées et encourt des sanctions.
L’article L. 4121-1 du Code du travail mentionne que l’entreprise doit mettre en œuvre « des actions de prévention, d’information et de formation des risques professionnels », dont font partie les risques psychosociaux.
Comment cette obligation se traduit-elle concrètement lorsqu’il s’agit de santé mentale au travail ?
Les risques psychosociaux (RPS) désignent les risques pour la santé mentale, physique ou sociale des salariés liés aux conditions d’emploi, à l’organisation du travail ou aux relations professionnelles. Ces derniers regroupent le stress chronique, le harcèlement moral ou sexuel, les conflits interpersonnels ou encore la surcharge de travail.
Pour prévenir les RPS, l’employeur doit les identifier, les évaluer et les intégrer au DUERP, le document unique d’évaluation des risques professionnels. Il peut notamment instaurer des enquêtes internes sur le climat social, former les managers à la détection des signaux d’alerte ou mettre en place un dispositif d’écoute et de soutien psychologique accessible à tous les salariés.
La jurisprudence a progressivement précisé la portée de cette obligation.
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Au-delà du respect du Code du travail, l’employeur a un devoir de vigilance constant envers la santé psychologique de ses équipes.
Cela implique d’agir en amont pour limiter l’apparition de situations à risque, en veillant notamment à l’équilibre des charges de travail, à la qualité du management et à un environnement professionnel sain.
Protéger la santé mentale, c’est aussi instaurer un climat de confiance où chacun peut signaler ses difficultés sans crainte. Sans oublier de mettre en place des programmes d’information et de prévention, pour que chaque collaborateur prenne conscience de l’importance de sa santé mentale, ainsi que des droits et des outils dont il dispose pour en prendre soin.
En somme, il faut donc savoir associer prévention des RPS et QVT au sein de votre démarche, afin d’anticiper les problématiques de santé mentale et de répondre aux obligations légales qui incombent aux entreprises.
Un environnement de travail sain repose sur une ambiance positive, des relations professionnelles respectueuses et des conditions matérielles adaptées. Tout cela contribue au bien-être au travail et doit faire partie intégrante d’une politique en faveur de la santé mentale et physique des collaborateurs.
Au-delà des obligations légales, ce sont aussi des mesures à intégrer au sein de votre politique RSE, qui intègre la dimension sociale autant que la dimension environnementale. Une démarche RSE exemplaire veille en effet à préserver la santé mentale, à favoriser l’épanouissement professionnel et à renforcer les liens entre collaborateurs, pour répondre aux enjeux sociaux et sociétaux.
Alors, comment agir pour répondre aux besoins des salariés et devenir une organisation saine ? Plutôt que de prendre le risque d’improviser sur ce sujet complexe, voici les étapes recommandées pour vous lancer.
L’idée ? Identifier les points forts et faibles de votre structure sur le sujet. Pour cela, n’hésitez pas à vous rapprocher de services comme la médecine du travail pour vous appuyer sur des résultats chiffrés ainsi que des témoignages. Taux d’absentéisme, nombre d’arrêts pour maladie, taux de turnover, cas de syndrome d’épuisement professionnel peuvent être de bons premiers indicateurs pour prendre la température du bien-être au travail et commencer à réfléchir à la politique de santé mentale adéquate.
Par ailleurs, n’hésitez pas à vous pencher sur les documents qui traitent des risques psychosociaux dans l’entreprise et à les mettre à jour au besoin. Le stress au travail, le harcèlement et d’autres formes de violence sont en effet des facteurs d’aggravation de la santé mentale au travail.
En complément de ces données quantitatives, l’évaluation du climat social via l’étude de satisfaction des salariés est aussi essentielle. Envisagez par exemple la mise en place d’un baromètre QVT une à deux fois par an. Il pourra servir de base pour établir les mesures en faveur du bien-être au travail, mais aussi permettre d’analyser les résultats de cette politique au fil des mois et des années.
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Effectuer une recherche approfondie sur les problèmes rencontrés et en sortir un rapport détaillé, c’est bien. Mais sans l'aval du CODIR, une politique de santé mentale a peu de chance d’être insufflée au sein de toute l’entreprise.
Plusieurs arguments peuvent être mobilisés : le parallèle avec la santé physique, les effets potentiels des difficultés personnelles et professionnelles sur chacun, la rentabilité de l’entreprise et la maîtrise du projet.
Il est également utile de présenter un planning, un budget estimatif, les principales étapes de déploiement, les indicateurs de suivi et les partenaires susceptibles d’intervenir.
Intéresser les collaborateurs au sujet de la santé mentale est une étape clé pour faire connaître votre politique et lever le tabou. De cette manière, vous montrez à vos équipes qu’en cas de besoin, elles peuvent trouver du soutien.
Les managers ont également un rôle à jouer pour promouvoir les actions menées. Pour cela, n’hésitez pas à les former en amont afin qu’ils deviennent ambassadeurs de votre politique.
Réagir en cas de crise, c’est bien, mais éviter que les collaborateurs aient besoin d’en arriver là, c’est encore mieux. Pour cela, il faut leur donner des outils pour mieux se connaître et aller bien au quotidien.
Il faut aller plus loin que les traditionnels EAP, qui proposent souvent une solution similaire pour tous les salariés et enregistrent de faibles taux d’engagement.
Contenus personnalisés, passages à l’action concrets et application facilitant l’accès aux ressources sont donc fortement recommandés afin que chacun puisse trouver un accompagnement adapté.
La démarche pour une meilleure qualité de vie des travailleurs doit aussi passer par des changements pratiques lorsque cela s’avère nécessaire.
Les leviers d’action ne manquent pas :
Ces exemples doivent être adaptés au secteur d’activité, à la taille de l’entreprise et aux problématiques mises en avant lors de l’état des lieux.
Pour piloter sereinement votre démarche, il faut pouvoir comprendre les évolutions et analyser régulièrement les points forts et faibles.
Pour cela, on vous recommande de définir en amont des indicateurs mensuels à suivre via un tableau de bord. Vous pouvez ainsi agir en fonction des résultats, prédire les potentiels décrochages et transformer progressivement la culture de votre organisation.
Améliorer la santé mentale passe aussi par la détection précoce de certains signaux. C’est la clé pour agir rapidement et limiter les répercussions négatives sur les salariés comme sur l’activité.
Chez un collaborateur, une santé mentale fragilisée peut se traduire par une fatigue persistante, un manque d’énergie ou des troubles du sommeil.
Toutefois, il n’existe pas de liste magique de signaux à cocher ou non : chaque personne est différente. Un comportement qui peut être préoccupant pour l’un, ne le sera pas pour l’autre.
Alors, qu’est-ce qui doit vous alerter, vraiment ?
Scrutez l’évolution de la personne : un changement soudain ou progressif, qui s’installe dans la durée et rompt l’équilibre.
Par exemple : un isolement volontaire, une perte d’intérêt pour les échanges avec les collègues, une irritabilité accrue, une baisse inhabituelle de la concentration, une diminution de la qualité du travail, un désengagement progressif, une plus grande difficulté à prendre des décisions ou, au contraire, une agitation ou une hyperactivité inhabituelle.
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Ces changements de comportement, surtout s’ils s’installent dans la durée, peuvent révéler un stress important, un mal-être et même être précurseurs d’un burn-out.
Connaître les signaux d’alerte est important pour déceler des situations à risque chez des collègues. Ils peuvent aussi aider les collaborateurs à prendre conscience de leurs propres difficultés et à solliciter leur manager, le médecin du travail ou un collègue de confiance.
À l’échelle d’une équipe ou d’un service, une dégradation de la santé mentale peut se manifester par une augmentation des conflits, un climat de méfiance ou des tensions relationnelles.
À cela s’ajoutent souvent des retards récurrents, une augmentation de l’absentéisme et du présentéisme ou encore une baisse globale de la productivité.
Si ces signes sont identifiés à temps, il sera possible d’intervenir de manière ciblée sur les difficultés rencontrées pour restaurer un environnement professionnel sain et motivant.
Face à des collaborateurs qui souffrent de stress, de surcharge cognitive et émotionnelle, de démotivation, de fatigue ou de symptômes plus graves, on se sent parfois démuni. Pourtant, chacun a un rôle à jouer au sein de l’entreprise, et des intervenants externes sont également là pour accompagner les salariés qui en ont besoin.
Le manager de proximité est souvent la première personne à détecter un changement de comportement ou une baisse de performance chez un collaborateur.
En étant attentif, à l’écoute et disponible, il peut instaurer un climat de confiance propice aux échanges et soutenir le collaborateur face à ses difficultés.
Son rôle est également de relayer les difficultés repérées vers les services compétents et de proposer des aménagements temporaires si nécessaire.
Les ressources humaines et les référents Qualité de Vie au Travail jouent un rôle stratégique dans l’accompagnement des salariés en difficulté.
Ce sont notamment eux qui peuvent proposer des solutions comme un aménagement du poste, un changement temporaire d’affectation ou un accès facilité à un soutien psychologique sur le lieu de travail.
À l’échelle de l’entreprise, leur mission est aussi de sensibiliser l’ensemble des salariés aux enjeux de santé mentale et de déployer des programmes de prévention collectifs.
Le médecin du travail a la capacité d’évaluer l’état de santé d’un salarié, d’identifier les risques liés à son poste et, au besoin, de proposer des mesures d’adaptation, voire de reclassement.
Bien qu’il travaille en lien avec l’employeur, il doit assurer la confidentialité des échanges avec les collaborateurs qui le consultent.
Les services de santé au travail peuvent également mener des actions collectives, comme des campagnes de sensibilisation ou des ateliers sur la gestion du stress.
En dehors de l’entreprise, différents acteurs peuvent aider les salariés en difficulté. Les psychologues, psychiatres ou psychothérapeutes offrent un accompagnement personnalisé pour traiter les troubles liés au stress ou à l’anxiété.
Certaines associations proposent écoute et soutien, parfois gratuitement.
On peut également compter sur des plateformes d’accompagnement en ligne comme teale, pour échanger avec des professionnels de santé et des experts de la santé mentale au travail, mais aussi pour bénéficier d’outils et de ressources visant à améliorer son bien-être mental.
Lorsqu’un collaborateur est arrêté pour épuisement professionnel (burn-out), dépression, anxiété ou pour une autre difficulté de santé mentale, l’objectif ne doit pas être d’organiser un retour le plus rapide possible, mais de préparer un retour compatible avec son état de santé.
Pendant l’arrêt, l’employeur doit respecter la confidentialité et éviter de solliciter le salarié sur des sujets professionnels. Il peut néanmoins maintenir un lien bienveillant, à condition que celui-ci ne soit ni intrusif ni culpabilisant.
Le salarié peut notamment demander une visite de préreprise auprès du service de prévention et de santé au travail. Cette visite permet d’anticiper les conditions du retour et d’envisager, avec le médecin du travail, les adaptations nécessaires.
Plusieurs solutions peuvent être étudiées : une reprise progressive, un temps partiel thérapeutique, un aménagement temporaire de la charge, une modification des horaires, une limitation des déplacements, une reprise en télétravail partiel, une redéfinition des priorités ou un changement de poste.
Avant le retour, le manager et les RH doivent aussi s’interroger sur les facteurs professionnels qui ont pu contribuer à l’arrêt. Réintégrer la personne dans un environnement inchangé risque de reproduire les mêmes difficultés.
Lors de la reprise, un entretien permet de clarifier les conditions de retour, les tâches prioritaires, les éventuels aménagements et les modalités de suivi. Le collaborateur n’a pas à révéler son diagnostic ou des informations médicales à son manager.
L’équipe peut également avoir besoin d’être accompagnée lorsque l’absence a entraîné une redistribution importante de la charge. La communication doit toutefois préserver strictement la confidentialité de la personne concernée.
Enfin, le retour doit être suivi dans le temps. Des points réguliers permettent d’ajuster la charge, de repérer d’éventuelles difficultés et d’éviter une nouvelle dégradation de la santé mentale.
Pour agir durablement sur la santé mentale au travail, les entreprises doivent pouvoir prévenir les difficultés, accompagner les collaborateurs, soutenir les managers et mesurer les progrès réalisés.
teale réunit ces différentes dimensions au sein d’une même approche. La plateforme permet à chaque collaborateur de devenir acteur de sa santé mentale, tout en donnant aux équipes RH les moyens d’identifier les risques, d’en comprendre les causes et de mettre en place des actions adaptées.
La démarche de teale s’appuie sur les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), ainsi que sur l’expertise d’un réseau de plus de 150 psychologues et de coachs.
Cette approche permet de proposer des outils concrets pour mieux comprendre ses émotions, ses pensées et ses comportements, mais aussi pour développer des réflexes de prévention au quotidien. L’objectif n’est pas d’intervenir uniquement lorsque la situation devient critique, mais d’aider les collaborateurs à repérer leurs points de vigilance, à renforcer leurs ressources et à agir avant que les difficultés ne s’installent.
Les TCC permettent également de construire des parcours personnalisés, fondés sur des exercices et des compétences utiles sur le long terme. La santé mentale n’étant jamais uniquement individuelle, teale agit aussi sur les dimensions collectives et organisationnelles qui influencent le bien-être au travail.
Chaque collaborateur dispose d’un espace personnel, confidentiel et anonyme. Il peut y évaluer son état de santé mentale grâce à un indice développé par teale, suivre son évolution et identifier ses forces ainsi que ses points d’attention.
En fonction de ses besoins, la plateforme lui propose un parcours personnalisé composé de contenus, d’exercices et de programmes thématiques. Il peut ainsi avancer à son rythme, développer son autonomie et intégrer progressivement de nouvelles habitudes dans son quotidien.
Cet accompagnement digital peut être complété par des séances individuelles avec un psychologue ou un coach soigneusement sélectionné, en présentiel ou à distance. Ces échanges s’intègrent dans un parcours global : ils constituent une ressource supplémentaire, au même titre que les contenus, les exercices et les actions collectives.
La bibliothèque teale comprend plus de 1 500 contenus : vidéos, podcasts, articles, exercices, méditations, programmes et outils pratiques. Les collaborateurs peuvent ainsi accéder à des ressources adaptées à leurs besoins et à leurs préférences.
La santé mentale au travail concerne l’ensemble de l’organisation. C’est pourquoi teale accompagne les équipes RH, les managers et les collaborateurs à travers des dispositifs complémentaires :
Cette approche permet d’agir simultanément au niveau individuel et collectif. Elle aide les collaborateurs à développer leurs propres ressources, tout en donnant à l’organisation les moyens d’agir sur les causes des difficultés identifiées.
teale met à disposition des équipes RH un tableau de bord permettant de suivre l’engagement des collaborateurs, l’évolution de leur santé mentale et les effets de la démarche dans le temps.
Les données, agrégées et anonymisées, peuvent notamment aider à :
Les indicateurs ne servent donc pas uniquement à mesurer les résultats d’un programme. Ils permettent aussi de mieux comprendre les situations rencontrées par les équipes et d’ajuster les actions mises en place.
La prévention n’exclut pas l’accompagnement des situations de crise. Lorsque cela est nécessaire, teale peut également apporter une réponse rapide grâce à une ligne de soutien disponible 24 h/24 et 7 j/7, à des interventions spécifiques et à un protocole de gestion de crise.
Cette complémentarité entre prévention, accompagnement individuel, actions collectives, pilotage par la donnée et gestion de crise permet à teale d’agir à plusieurs niveaux, tout au long de l’année.
Cet article a été relu et validé par Anaïs Roux, psychologue du travail et directrice scientifique de teale.
Le stress au travail est une réaction ponctuelle face à une pression ou une surcharge de travail. Il devient problématique lorsqu’il s’installe dans la durée. Les troubles de santé mentale, comme l’anxiété, la dépression ou le burn-out, vont au-delà du stress passager : ils impactent durablement le bien-être, la motivation et la capacité à fonctionner au quotidien. Il est important de ne pas minimiser les signaux et de chercher du soutien dès les premiers signes.
Non, la santé mentale au travail concerne tout le monde : salariés, managers, dirigeants et équipes RH. Chacun peut être concerné à un moment de sa carrière. De plus, l’environnement de travail joue un rôle majeur dans la prévention ou l’aggravation des troubles. Agir collectivement, à tous les niveaux de l’organisation, est essentiel pour instaurer une culture de bien-être durable.
En parler à son manager peut permettre d’aménager sa charge de travail, de trouver des solutions concrètes et de se sentir soutenu. Si la relation de confiance existe, il ne faut pas hésiter à se confier. Dans tous les cas, il est également possible de solliciter les ressources internes (RH, cellule d’écoute, psychologue du travail) ou externes (comme teale) pour être accompagné en toute confidentialité.
Non, la loi protège les salariés contre toute forme de discrimination liée à l’état de santé, y compris la santé mentale. Parler de ses difficultés ne peut pas justifier une sanction ou un licenciement. Au contraire, les entreprises ont l’obligation légale de veiller à la santé physique et mentale de leurs collaborateurs. Instaurer un climat de confiance est essentiel pour permettre à chacun de s’exprimer sans crainte.
La santé mentale influence les capacités cognitives (concentration, mémoire, prise de décision, etc.), la motivation, les relations professionnelles et la capacité à faire face aux difficultés. Le travail peut la protéger grâce au soutien, à l’autonomie et à la reconnaissance, ou au contraire la fragiliser en cas de surcharge, de conflits ou d’insécurité. Agir implique donc d’accompagner les personnes et d’améliorer l’organisation du travail.
12 milliards
À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la Santé estime que la dépression et l’anxiété entraînent chaque année la perte de 12 milliards de journées de travail, pour un coût annuel proche de 1 000 milliards de dollars en perte de productivité. Les difficultés de santé mentale ne relèvent donc pas uniquement de la sphère individuelle : elles constituent également un enjeu collectif, organisationnel, économique et juridique pour l’entreprise.
À NOTER
La santé mentale ne se résume donc pas à l’absence de trouble. Ne pas souffrir n’est pas la même chose qu’aller bien. Une personne peut ne présenter aucune pathologie diagnostiquée tout en ressentant peu d’énergie, de satisfaction ou de sens dans son quotidien. À l’inverse, une personne vivant avec un trouble psychique peut conserver des ressources, des relations satisfaisantes et une capacité à travailler, notamment lorsqu’elle bénéficie de soins et d’un accompagnement adaptés.
À NOTER
Un accompagnement par un professionnel de santé est alors nécessaire. Le rôle de l’entreprise n’est pas de poser un diagnostic, mais d’identifier les changements préoccupants, d’ouvrir un espace de dialogue, d’adapter les conditions de travail lorsque cela est possible et d’orienter la personne vers les interlocuteurs compétents.
À LIRE AUSSI
Notre baromètre de la santé mentale des salariés permet de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les collaborateurs et leur évolution dans le temps.
+14%
Les atteintes liées aux risques psychosociaux progressent aussi : l’Assurance Maladie a identifié près de 29 000 accidents du travail en lien avec des RPS en 2024, soit 14 % de plus qu’en 2023.
Source :
Assurance Maladie+23%
Les données scientifiques permettent de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre. Les salariés épanouis seraient 23 % plus productifs que leurs collègues en détresse, d’après une analyse Gallup portant sur 2,2 millions de salariés.
Source :
GallupÀ LIRE AUSSI
Pour de plus amples détails sur le sujet, découvrez tout ce qu'il faut savoir sur le lien entre QVT et performance.
4,4
Les entreprises utilisatrices de teale obtiennent quant à elles un retour sur investissement moyen estimé à 4,4, selon l’étude d’impact menée par teale.
Source :
tealeÀ NOTER
La jurisprudence rappelle également que les risques psychosociaux peuvent résulter de choix organisationnels. Pour preuve, l’affaire France Télécom : en 2019, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu la notion de harcèlement moral institutionnel, résultant d’une politique managériale et organisationnelle mise en œuvre à l’échelle de l’entreprise. Cette qualification a été confirmée par la Cour de cassation dans un arrêt du 21 janvier 2025. Une politique d’entreprise peut ainsi être sanctionnée lorsqu’elle a pour objet ou pour effet de dégrader les conditions de travail et d’altérer la santé mentale des salariés.
À NOTER
Faire appel à un partenaire extérieur spécialisé peut être judicieux pour gagner du temps et bénéficier de ressources adaptées.
À NOTER
Le burn-out se manifeste surtout via un changement de façon de fonctionner. Il existe de nombreux signaux de burn-out, mais ceux-ci varient beaucoup d’un individu à un autre. La prévention ne consiste donc pas à rechercher mécaniquement des symptômes, ni à établir un diagnostic, mais à repérer les changements et à ouvrir un dialogue.
Pour un manager, cela suppose d’apprendre à connaître les membres de son équipe lorsque tout va bien : leur niveau d’énergie habituel, leur manière de communiquer, leur rapport aux autres, leur rythme de travail, leur degré d’autonomie ou encore leur façon de réagir face aux difficultés. Cette connaissance du fonctionnement habituel permet ensuite de mieux identifier un switch, c’est-à-dire une rupture avec les habitudes de la personne.
Pourquoi investir dans la santé mentale de vos salariés ? Preuves chiffrées et documentées dans notre rapport.
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