Absentéisme en entreprise

Absentéisme en entreprise

Prévenir plutôt que guérir grâce à la santé mentale.

Management et Conseils RH
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Harcèlement au travail : identifier, réagir, prévenir

  • Un phénomène répandu et en hausse : 3 salariés sur 4 considèrent le harcèlement comme courant en entreprise, avec des conséquences graves sur la santé individuelle, la cohésion d'équipe et la performance organisationnelle.
  • Deux formes légales distinctes : le harcèlement moral repose sur des agissements répétés dégradant les conditions de travail, tandis que le harcèlement sexuel peut être qualifié dès un acte grave isolé.
  • Des signaux d'alerte à ne pas ignorer : anxiété, isolement progressif, baisse de performance ou hausse des arrêts maladie sont autant d'indicateurs qui doivent alerter victimes, collègues et managers.
  • Des recours concrets pour les victimes : documenter les faits, alerter le référent harcèlement, les RH ou la médecine du travail, et si nécessaire saisir l'inspection du travail ou les prud'hommes dans un délai de 5 à 6 ans.
  • Une responsabilité avant tout collective : au-delà de l'obligation légale, les entreprises doivent former leurs managers, instaurer une culture de tolérance zéro et s'appuyer sur des dispositifs d'accompagnement pour prévenir et traiter ces situations.
  • 8
    min de lecture
    April 27, 2026
    Mis à jour le
    April 27, 2026
    lutter contre le harcèlement au travail

    Près de trois salariés sur quatre considèrent que le harcèlement est un phénomène répandu en entreprise (source : Ipsos 2022). Plus de six sur dix estiment même qu’il est en augmentation par rapport à la décennie précédente.

    Les conséquences du harcèlement en entreprise sont multiples. Sur le plan individuel, il entraîne anxiété, perte de confiance, isolement et parfois des pathologies sévères comme la dépression. Collectivement, il détériore la cohésion d’équipe, alimente un climat social délétère et génère un absentéisme accru. D’un point de vue organisationnel, il se traduit par un désengagement, une rotation accrue des effectifs et des coûts indirects importants.

    Lutter contre le harcèlement ne relève pas uniquement d’une obligation légale, mais aussi d’une responsabilité sociale et organisationnelle. Découvrez comment identifier, prévenir et traiter ces situations, pour protéger les collaborateurs, mais aussi pour assurer la pérennité et la performance des entreprises.

    Harcèlement au travail : de quoi parle-t-on vraiment ?

    Le harcèlement au travail se définit comme un mode de persécution reposant sur la répétition d’actes ou de paroles hostiles, ayant pour but ou pour effet de fragiliser psychologiquement la personne visée. Ces agissements peuvent prendre des formes variées : insultes, humiliations, isolement, dénigrement systématique, tâches dégradantes, mais aussi comportements à connotation sexuelle ou gestes déplacés (source). 

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    Sur le plan juridique, le Code du travail distingue principalement deux formes :

    1. Le harcèlement moral : il correspond à des agissements répétés qui ont pour effet une dégradation des conditions de travail, portant atteinte à la dignité de la personne ou compromettant sa santé physique ou mentale. Cela peut se traduire par des critiques constantes, une mise à l’écart volontaire, des sanctions injustifiées ou encore une surcharge de travail délibérée.
    2. Le harcèlement sexuel : il recouvre des propos ou comportements à connotation sexuelle imposés à une personne. La répétition n’est pas toujours nécessaire : une pression grave, même isolée, peut suffire à le qualifier. Les exemples sont nombreux : remarques sur l’apparence physique, blagues sexistes, envoi de contenus à caractère sexuel, contacts physiques non désirés ou pressions liées à une promesse d’avantage professionnel.

    Pourtant, une grande partie des salariés peine encore à identifier ces situations.

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    Exemples concrets de situations de harcèlement

    Le harcèlement au travail ne se manifeste pas toujours de façon spectaculaire. Bien souvent, il s’installe insidieusement dans le quotidien professionnel, au point que la victime elle-même doute parfois de la gravité des faits. Concrètement, ces situations peuvent prendre des formes très diverses :

    • Isolement social : un collaborateur n’est plus convié aux réunions d’équipe, ses messages restent sans réponse, ses collègues cessent de l’inclure dans les échanges informels.
    • Critiques répétées : une salariée est systématiquement rabaissée sur la qualité de son travail, même lorsque celui-ci est correct, avec pour objectif de la décrédibiliser aux yeux du groupe.
    • Pression injustifiée : un manager fixe volontairement des objectifs irréalistes, assortis de menaces de sanction, créant un climat de peur et d’épuisement.
    • Remarques déplacées : un supérieur commente l’apparence physique d’une collaboratrice en public ou raconte des blagues à caractère sexuel dans l’open space.
    • Propositions inappropriées : un salarié se voit promettre une promotion en échange de faveurs sexuelles, situation qui relève clairement du harcèlement sexuel.

    Ces comportements, bien qu’ils puissent sembler isolés, deviennent du harcèlement lorsqu’ils sont répétés ou lorsqu’ils créent un climat dégradant et intimidant. Dans certains cas, une seule action grave suffit à qualifier la situation : par exemple, une agression sexuelle ou une proposition explicite en échange d’un avantage professionnel.

    Quels sont les signes d’un harcèlement au travail ?

    Reconnaître une situation de harcèlement n’est pas toujours évident. Les victimes elles-mêmes mettent souvent du temps à mesurer la gravité des faits, tandis que leur entourage hésite à nommer certains comportements. Pourtant, plusieurs signaux peuvent alerter.

    Chez la personne visée, les répercussions psychologiques et physiques apparaissent généralement en premier. L’anxiété devient plus marquée, parfois accompagnée d’irritabilité ou de crises de larmes. Le repli sur soi est fréquent : la victime se retire progressivement des échanges collectifs, participe moins aux discussions ou aux projets, et finit par s’isoler. Les troubles du sommeil et de l’appétit sont également révélateurs, traduisant une peur croissante de se rendre au travail. On constate aussi une perte de performance, visible à travers des erreurs répétées, des retards ou une démotivation générale. Ces symptômes s’accompagnent souvent de manifestations physiques liées au stress, comme des maux de tête, des douleurs musculaires ou une fatigue persistante.

    Pour les collègues ou les managers, d’autres indices peuvent apparaître. Une hausse des arrêts maladie, des absences récurrentes ou un changement brutal de comportement doivent éveiller les soupçons. Une personne auparavant dynamique et impliquée peut soudain perdre confiance en elle, devenir silencieuse et éviter les interactions. Les tensions au travail répétées, dirigées vers un même collaborateur, constituent également un signe indirect de harcèlement.

    Comment différencier harcèlement et conflit ?

    Le conflit naît d’un désaccord entre deux personnes et peut, lorsqu’il est géré, aboutir à une résolution constructive. Le harcèlement, lui, s’inscrit dans la durée et repose sur une répétition d’actes hostiles visant à fragiliser une personne jusqu’à la stigmatiser.  

    Contrairement au conflit au travail, qui met en jeu deux parties relativement équilibrées, le harcèlement crée un rapport de force unilatéral où la victime perd progressivement ses moyens d’action et son estime de soi.  

    Découvrez également tout ce qu’il faut savoir sur le sexisme au travail.

    Que faire quand on est victime de harcèlement au travail ?

    Être confronté au harcèlement au travail est une épreuve qui fragilise profondément. Pourtant, il existe des démarches concrètes permettant de se protéger et de faire valoir ses droits.

    La première étape consiste à documenter les faits : conserver les messages, noter les dates, les témoins éventuels et les comportements précis. Ces éléments seront essentiels en cas de procédure.

    Il est ensuite recommandé d’alerter les interlocuteurs internes compétents, comme un référent harcèlement, le service des ressources humaines ou la médecine du travail. Un accompagnement médical peut aussi s’avérer nécessaire, car l’impact psychologique est souvent lourd. Dans certaines situations, solliciter un psychologue permet de retrouver un espace sécurisé d’expression.

    Faut-il en parler à son manager ou à une autorité externe ?

    Le choix de l’interlocuteur dépend de la gravité de la situation et du rôle de la personne mise en cause. Lorsque le harcèlement provient d’un collègue, le manager direct peut être sollicité, à condition qu’il soit neutre et capable d’agir rapidement.  

    Si le supérieur hiérarchique est impliqué, mieux vaut se tourner vers un référent harcèlement, la médecine du travail ou encore les ressources humaines.  

    En dernier recours, des instances externes comme l’inspection du travail ou les prud’hommes peuvent être saisies afin de garantir une protection et un traitement objectif du signalement.  

    Quel rôle pour l’entreprise dans la lutte contre le harcèlement ?

    La prévention du harcèlement ne relève pas uniquement d’une responsabilité individuelle : elle s’inscrit avant tout dans une démarche collective portée par l’entreprise.

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    Au-delà de la loi, les entreprises ont donc la responsabilité d’adopter une politique proactive : instaurer une culture du respect et de la tolérance zéro, intégrer la prévention dans leurs engagements RSE, et former les managers pour qu’ils deviennent de véritables relais de protection. Ces actions ne renforcent pas seulement la sécurité psychologique des collaborateurs : elles participent aussi à la performance globale de l’organisation en réduisant l’absentéisme, en limitant le turnover et en favorisant l’engagement.

    Comment former les managers à la prévention ?

    Les managers jouent un rôle majeur dans la prévention du harcèlement. Leur posture et leur capacité à détecter les signaux faibles peuvent faire la différence entre une situation maîtrisée et une dérive préjudiciable.

    Plusieurs axes sont essentiels :

    • L’écoute active et régulière permet de comprendre les préoccupations de l’équipe et de repérer des changements subtils de comportement.
    • Créer un climat de sécurité psychologique, où chacun peut s’exprimer sans crainte de représailles, réduit les risques d’escalade et favorise la solidarité.
    • La communication claire des limites, qu’il s’agisse du respect, du consentement ou de la gestion des désaccords, fixe un cadre explicite qui décourage les comportements abusifs.
    • Enfin, les managers doivent apprendre à soutenir les victimes et à encourager le signalement, en garantissant un traitement sérieux et rapide des plaintes.

    Former les managers à ces pratiques ne relève pas d’un simple exercice de conformité légale. Cependant, il s’agit un levier puissant pour instaurer une culture organisationnelle saine, où le respect mutuel et la bienveillance deviennent des normes collectives.

    Le rôle de teale dans la prévention et l’accompagnement

    Face à un enjeu aussi sensible que le harcèlement, les entreprises ne peuvent se limiter à des dispositifs ponctuels. Elles ont besoin d’un accompagnement global, à la fois préventif et curatif. C’est précisément ce que propose teale, une solution de bien-être au travail et de santé mentale.

    Grâce à l’Indice de Santé Mentale, chaque collaborateur peut suivre l’évolution de son état psychologique tout au long de l’année et détecter d’éventuels signaux faibles. Sur cette base, l’application propose un programme personnalisé, comprenant des routines bien-être adaptées aux besoins individuels.  

    Les salariés ont également accès à une librairie de plus de 1 000 contenus sur la santé mentale au travail (podcasts, articles et vidéos) qui leur permettent de mieux comprendre les mécanismes psychologiques liés au stress, au burn-out, aux conflits et au harcèlement, et d’apprendre à y réagir.

    teale met aussi à disposition un réseau de plus de 150 psychologues et coachs, disponibles pour des séances individuelles et confidentielles. Cette prise en charge professionnelle favorise le soutien immédiat des victimes comme des témoins, souvent laissés seuls face à leurs doutes.

    Au niveau collectif, teale accompagne les entreprises dans la mise en place d’une véritable culture de prévention. Des kits de communication et des événements thématiques (semaine de la santé mentale, QVCT, prévention du stress de rentrée, etc.) permettent de sensibiliser l’ensemble des collaborateurs. Les managers bénéficient de formations spécifiques, centrées sur l’écoute active, la détection des signaux faibles et la création d’un climat de sécurité psychologique.

    FAQ

    Dans ce cas, il est préférable de se tourner vers un interlocuteur externe à la hiérarchie directe : le référent harcèlement, les ressources humaines ou la médecine du travail. Si la situation persiste, il est possible de saisir l’inspection du travail ou les prud’hommes.

    Les preuves peuvent être variées : e-mails, SMS, enregistrements, certificats médicaux, témoignages de collègues ou encore notes personnelles retraçant les faits. Tous ces éléments, s’ils sont précis et datés, sont recevables devant la justice.

    Oui. Le signalement peut être effectué par un témoin, qu’il soit collègue ou tiers. La loi protège les témoins de harcèlement contre toute forme de représailles. Leur rôle est essentiel car 76 % des faits de harcèlement se produisent en présence d’observateurs.

    La victime dispose d’un délai de six ans à compter du dernier acte de harcèlement pour saisir la justice pénale. En matière civile (prud’hommes), le délai de prescription est de cinq ans.

    À SAVOIR

    Une des caractéristiques majeures du harcèlement est son caractère progressif : ce qui peut débuter par un conflit ponctuel se transforme en une dynamique destructrice, où la victime finit par être stigmatisée, considérée comme « le problème » à éliminer.

    ‍73 %

    des actifs jugent difficile de reconnaître avec précision un cas de harcèlement au travail.

    Ce manque de repères s’explique en partie par une méconnaissance des droits : seuls 35 % des salariés déclarent bien connaître la législation en la matière.  

    À SAVOIR

    Juridiquement, l’article L. 4121-1 du Code du travail impose à tout employeur de prendre les mesures nécessaires pour garantir la santé physique et mentale de ses salariés. Cela inclut la prévention des risques psychosociaux, la mise en place de procédures de signalement et un suivi adapté.  

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