Baromètre de la Santé Mentale des femmes

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Bilan 2024 et leviers d'actions 2025

Engagement, inclusion & impact social
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Se mobiliser contre le sexisme au travail : comprendre, prévenir, agir

  • Un fléau encore trop banalisé : le sexisme au travail prend des formes variées (ordinaires, hostiles ou “bienveillantes”) et nuit à la santé mentale, la cohésion et la performance.
  • Des conséquences profondes : perte de confiance, stress chronique, désengagement et frein à l’égalité professionnelle, avec un impact direct sur la fidélisation et l’attractivité.
  • Les leviers d’action : politique de tolérance zéro, formations managériales, procédures de signalement et promotion d’un leadership inclusif pour ancrer une culture égalitaire.
  • L’accompagnement teale : formations sur les biais cognitifs, outils d’écoute anonymisés, soutien psychologique et indicateurs de climat social pour construire une prévention durable et mesurable.
8
min de lecture
April 10, 2026
Mis à jour le
April 10, 2026
Sexisme au travail

Quand on parle de discrimination au travail, plusieurs sujets viennent à l’esprit : l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, l’âge, ou encore la discrimination fondée sur le sexe ou le genre, que l’on appelle sexisme.

Au travail, le sexisme peut prendre une multitude de formes, des plus directes aux plus insidieuses. Et cela est loin d’être sans conséquence sur les individus qui en sont directement victimes, mais aussi sur l’ambiance au travail, la cohésion d’équipe, la fidélisation des talents et l’attractivité de l’employeur.

Pourtant, il existe des moyens de prévention et d’action pour empêcher le sexisme de s’insinuer dans la vie quotidienne dans l’entreprise. Apprenons d’abord à mieux identifier les situations de sexisme dans le milieu professionnel, à comprendre leurs causes et leur impact, pour ensuite mettre en place les mesures adéquates.

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Identifier les différentes formes de sexisme en entreprise

Le sexisme au travail est pluriel : il se présente sous des formes variées, qui le rendent d’autant plus difficiles à cerner, et qui le font parfois même passer inaperçu.

On distingue généralement 4 grands types de sexisme :

  • Le sexisme ordinaire : il perpétue les stéréotypes de genre à travers des paroles, des gestes ou des attitudes du quotidien, sans forcément être perçu comme violent ou discriminant. Ce type d’agissement sexiste s’enracine dans des habitudes culturelles ou sociales et contribue à maintenir des inégalités entre les femmes et les hommes, parfois sans intention malveillante apparente.
  • Le sexisme hostile : il s’agit d’une forme de machisme et de misogynie, avec des remarques explicitement discriminantes, hostiles, méprisantes, un rapport de domination, qui peut aller jusqu’au harcèlement. Ce sexisme s’appuie sur l’idée que les femmes doivent « rester à leur place » et qu’elles ne devraient pas concurrencer les hommes dans les domaines de pouvoir, d’autorité ou d’expertise.
  • Le sexisme bienveillant : cette forme de sexisme est plus insidieuse, car elle se dissimule derrière des attitudes qui semblent positives ou protectrices. Il consiste à valoriser les femmes pour leurs qualités supposées de douceur, de beauté, d’empathie ou de maternité, tout en les enfermant dans ces rôles et en niant leur force, leur autonomie et leurs compétences.
  • Le sexisme symbolique : il renvoie aux représentations, images et discours collectifs qui contribuent à maintenir une hiérarchie entre les sexes. Ce sexisme se joue au niveau sociétal : sous-représentation des femmes à certains postes, sexualisation de la femme dans la publicité, prévalence de l’usage du masculin dans la langue, etc.

Des remarques anodines aux discriminations structurelles

Le sexisme au travail, ce n’est donc pas seulement une « blague maladroite » d’un collègue : il se joue à tous les niveaux et peut même être inconsciemment intégré dans les esprits, y compris chez les femmes elles-mêmes.

De manière plus concrète, le sexisme au travail peut aller de micro-agressions quotidiennes (ex. : couper systématiquement la parole en réunion, fameux "mansplaining") aux humiliations publiques (ex. : dénigrer une femme devant toute l’équipe en faisant référence à son physique), en passant par des inégalités d’accès aux opportunités d’évolution (ex. : supposer qu’une femme risque d’être moins disponible qu’un homme pour un poste à responsabilité si elle a des enfants) ou encore une invisibilisation des compétences (ex. : reprendre une idée émise par une collaboratrice sans la citer).

Le sexisme intériorisé : quand les normes deviennent inconscientes

Les stéréotypes de genre sont tellement ancrés que les collaborateurs n’ont parfois même pas conscience d’avoir un comportement sexiste. Par exemple, un collaborateur masculin, sans jamais faire de remarque sexiste, peut adopter des comportements discriminants, comme interrompre plus facilement une collègue qu’un collègue ou déléguer naturellement les tâches d’organisation à une femme.

Les femmes, elles aussi, sont influencées dans leur comportement, leurs choix et la perception de leurs propres capacités à cause du sexisme intériorisé. Au travail, cela peut conduire certaines femmes à s’autocensurer, à douter de leur légitimité ou à éviter les postes à responsabilité, convaincues qu’elles ne sont pas « faites pour ça ». Chez les hommes, cela peut se traduire d’autres manières, par exemple en rejetant les tâches jugées « féminines » ou en exprimant peu leurs émotions.

Pourquoi le sexisme au travail reste souvent invisible ?

Plusieurs facteurs empêchent parfois de mettre en lumière les problèmes de sexisme dans une entreprise. Bien souvent, on a affaire à une certaine banalisation des remarques sexistes, dès lors qu’elles sont « bienveillantes », « légères » ou « sur le ton de l’humour ». Le baromètre #StOpE 2025 le montre assez bien : alors que 40 % des femmes estiment avoir été interpellées par un homme par des termes sexistes, la moitié des hommes juge qu’il s’agit d’expressions bienveillantes, voire flatteuses.

Les victimes de sexisme ont aussi des difficultés à parler de ce qu’elles subissent. Il peut y avoir un sentiment de honte face aux remarques et humiliations subies, mais aussi la peur de ne peut être prise au sérieux, entendue et soutenue, ou plus simplement le fait de ne pas savoir à qui en parler.

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De nombreux biais cognitifs participent également à invisibiliser le sexisme au travail, car ils faussent la perception de la réalité. Le biais de confirmation, par exemple, pousse à ne remarquer que les situations où hommes et femmes sont traités de manière équitable, tout en ignorant les discriminations subtiles. Autre exemple avec le biais de conformité : des collaborateurs vont rire à une blague sexiste, simplement parce que personne d’autre ne s’y oppose et parce cela fait partie de la norme implicite du groupe.

Quelles sont les conséquences du sexisme au travail ?

Le sexisme au travail a évidemment des conséquences directes sur la santé mentale des personnes qui en sont victimes. Il affecte la confiance et l’estime de soi, augmente le stress, crée de l’isolement (6 femmes sur 10 recourent à des stratégies pour éviter de subir des commentaires ou comportements sexistes au travail), etc. Sur le long terme, la vigilance et le stress constants peuvent mener à d’autres troubles (anxiété chronique, troubles du sommeil, etc.), et même conduire au burn-out.

Ces effets sur la santé mentale au travail impactent négativement les performances, ce qui ne fait qu’accentuer les inégalités en matière d’évolution professionnelle. En effet, ils freinent la motivation, la concentration et la créativité, et lorsque cela se conjugue aux stéréotypes de genre, les possibilités d’accéder à des postes à responsabilités, d’obtenir une promotion ou de développer sa carrière, sont plus facilement attribuées à des hommes.  

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Ce climat où règnent la discrimination sexuelle et les tensions au travail est par ailleurs très néfaste à l’ambiance et à la cohésion d’équipe, et peut même être source de conflit au travail. Il s’agit donc d’un réel danger pour les performances de l’entreprise, comme pour la fidélisation et l’attraction des talents.

Les coûts humains et économiques du sexisme sont donc loin d’être négligeables pour une entreprise : dégradation de la santé mentale, baisse de la productivité, risques plus élevés d’absentéisme et de turnover, faible attractivité en tant qu’employeur, etc.

Le rôle des RH et des managers face au sexisme

Malgré l’ancrage parfois profond et insidieux du sexisme en entreprise, il est possible d’agir. Les managers et les Ressources Humaines peuvent activer plusieurs leviers pour faire de la prévention, accompagner les victimes et créer un environnement plus respectueux :  

  • mise en place de procédures de signalement, associée à une bonne communication pour en faire prendre connaissance et expliquer comment elles fonctionnent, et à une garantie de la prise en considération de toutes les requêtes ;
  • formations à destination des managers pour gérer les situations de sexisme dans l’équipe et pour développer les bonnes pratiques en matière d’exemplarité managériale ;
  • ateliers de prévention, pour faire prendre conscience aux collaboratrices et collaborateurs des différentes formes du sexisme et de ses conséquences ;
  • sanctions à l’encontre des salariés ayant des propos ou comportements sexistes (exemples : avertissement, mise à pied disciplinaire, formation obligatoire, rétrogradation du niveau hiérarchique, etc.) ;
  • promotion du leadership féminin, pour relever les défis que rencontrent les femmes dans l’accès aux postes de direction et de gestion (exemples : coaching ciblé, formations, mesures en faveur de l’égalité des genres, etc.).

Développer une culture d’entreprise réellement égalitaire

Ces idées de mesures concrètes doivent s’inscrire dans une politique de tolérance zéro et impliquer tous les collaborateurs. Lutter contre le sexisme au travail est l’affaire de tous et ne peut être efficace qu’en développant une culture d’entreprise globalement axée sur la bienveillance, l’inclusion, le respect mutuel et la communication transparente.

Il s’agit donc de mener une politique plus globale d’égalité et d’équité, notamment en assurant la diversité à tous les niveaux hiérarchiques et en reconnaissant toujours les compétences et les réussites au-delà du genre.

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Que peuvent faire les témoins pour agir ?

Si les victimes de sexisme et de harcèlement peuvent avoir des difficultés à s’exprimer et à faire part de ce qu’elles subissent, les témoins ont aussi tendance à garder le silence (crainte des répercussions, sentiment de ne pas être concerné, difficultés à percevoir les agissements sexistes comme tels).

Voilà pourquoi un cadre bienveillant et une politique zéro tolérance sont indispensables pour inciter à l’action. Mais comment réagir lorsque l’on est témoin d’un acte sexiste ? D’abord, en adoptant une attitude bienveillante et proactive. Écouter attentivement la victime, croire ses paroles et lui montrer qu’elle n’est pas seule constitue un premier soutien essentiel. Parfois, le témoin est aussi celui qui fera prendre conscience à la victime que les agissements qu’elle subit ne sont pas normaux, et qu’elle a la possibilité d’agir pour y mettre fin.

Les témoins peuvent également faire remonter les faits auprès des responsables RH ou via les dispositifs internes de signalement, en veillant à rester factuels.

Comment teale peut accompagner la lutte contre le sexisme

À travers sa solution de bien-être au travail, teale peut devenir un partenaire de premier choix pour prévenir et agir contre le sexisme dans votre organisation.  

D’abord, la solution teale offre un accompagnement pour la prévention, avec des programmes de formation sur les biais cognitifs, le management bienveillant, le harcèlement au travail, etc.  

Ensuite, elle propose des ressources pour soutenir les personnes en difficulté, par exemple via des outils d’écoute anonymisée ou des entretiens avec des psychologues. De manière plus générale, teale peut aussi vous accompagner dans la prévention et le traitement des risques psychosociaux liés au sexisme (stress, harcèlement moral et sexuel, violences).

Enfin, la solution teale intègre des outils de mesure et de suivi, à la fois utiles pour faire un premier état des lieux et pour évaluer la pertinence des actions mises en œuvre (indicateur de bien-être, indicateur de climat social, etc.).

FAQ

Face à une remarque sexiste, il est important de réagir sans agressivité mais avec fermeté. Vous pouvez exprimer votre désaccord calmement (“Ce type de remarque n’a pas sa place ici”) ou en parler à un manager, RH ou référent harcèlement. Les témoins ont aussi un rôle clé : soutenir la personne visée et signaler les faits contribue à briser le silence et à instaurer une culture de tolérance zéro.

Le sexisme désigne tout comportement ou propos fondé sur le sexe ou le genre, qui dénigre, infantilise ou discrimine une personne. Le harcèlement sexuel, lui, implique des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés ou toute pression grave en vue d’un acte sexuel. Le harcèlement sexuel est donc une forme aggravée de sexisme, clairement définie et punie par la loi.

Depuis 2015, le sexisme est interdit par le Code du travail (article L.1142-2-1) et par le Code pénal (article 225-1-1). Tout acte sexiste constitue une discrimination fondée sur le sexe et engage la responsabilité de l’employeur, tenu de prévenir et sanctionner ces comportements. L’entreprise doit aussi mettre en place des actions de sensibilisation et des dispositifs de signalement.

En théorie, oui — la loi prévoit des sanctions disciplinaires et pénales selon la gravité des faits. En pratique, tout dépend de la capacité de l’entreprise à faire appliquer sa politique interne. C’est pourquoi la prévention, la formation managériale et les procédures de signalement claires et accessibles sont essentielles pour que chaque acte sexiste puisse réellement être reconnu et sanctionné.

Bien que le sexisme puisse toucher tous les genres, ce sont bien les femmes qui en sont les victimes dans l'immense majorité des cas. Selon le rapport 2025 du Haut Conseil à l’égalité, l'écart de perception est frappant : 94 % des jeunes femmes (15-24 ans) jugent qu'il est plus difficile d'être une femme aujourd'hui, contre seulement 67 % des jeunes hommes. Cet article se concentre donc sur cette réalité structurelle.

2/3

des femmes ne savent pas vers qui se tourner pour signaler un agissement sexiste.

Source : 

23 %

des salariées ayant subi un comportement sexiste ont même changé de travail, ce qui a pu les freiner dans leur évolution de carrière.

Pour réaliser ce changement en profondeur, il est par ailleurs indispensable que les mesures mises en place soient suivies et analysées. À l’aide d’enquêtes régulières et d’indicateurs spécifiques (taux de femmes aux postes de direction, comparatif du taux d’absentéisme entre hommes et femmes, etc.), on peut déterminer si les mesures ont réellement produit des effets et ce qu’il faudrait encore améliorer.

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