Décrypter les mécanismes du cerveau pour devenir meilleur manager
Élément clef du développement humain d’une entreprise, le métier de manager est un rôle difficile qui nécessite d’apprendre sur la durée.

L’absentéisme représente un coût important pour les entreprises, mais ce coût est souvent mal évalué. Derrière les jours d’absence visibles se cachent en effet de nombreuses dépenses : maintien de salaire, remplacement des collaborateurs, heures supplémentaires, temps de gestion RH, désorganisation, baisse de productivité ou encore dégradation du climat social.
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L’absentéisme désigne les absences non planifiées d’un salarié alors qu’il était théoriquement attendu à son poste. Il peut notamment inclure les arrêts maladie, les accidents du travail, certaines absences injustifiées ou d’autres absences imprévues.
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Pour éviter les comparaisons trompeuses, l’entreprise doit surtout adopter un périmètre de calcul stable dans le temps. Le nombre de jours d’absence doit être comparé au nombre de jours de travail théoriques sur la même période et pour la même population.
Le taux d'absentéisme constitue ensuite le premier indicateur à suivre :
Taux d’absentéisme = nombre de journées d’absence / nombre de journées théoriquement travaillées × 100
À l’échelle nationale, il se chiffre en dizaines de milliards d’euros. L’une des estimations les plus citées, publiée par l’Institut Sapiens en 2018 à partir des travaux de l’ISEOR, évaluait son coût caché à 107,9 milliards d’euros par an, soit 4,7 % du PIB français (source).
Ce montant doit toutefois être lu comme un ordre de grandeur, car il intègre différents effets économiques de l’absentéisme et ne constitue pas une mesure comptable uniforme applicable à chaque entreprise.
Pour un employeur, l'impact financier réel dépend surtout du nombre de jours d'absence, des salaires concernés, de la durée des arrêts, des besoins de remplacement et des pertes d’activité.
Ils correspondent aux dépenses qui peuvent être directement rattachées à l’absence.
Le premier poste concerne le maintien de tout ou partie de la rémunération. En cas d’arrêt maladie, les indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie correspondent à 50 % du salaire journalier de base, calculé dans la limite de 1,4 fois le Smic mensuel. En 2026, elles sont, dans le cas général, versées à compter du quatrième jour d’arrêt, après un délai de carence de trois journées (source : Service-public.gouv.fr).
Pour estimer le coût réellement supporté par l’entreprise, il faut donc intégrer :
Les accidents du travail et les maladies professionnelles doivent par ailleurs être analysés séparément. Selon l’effectif de l’entreprise, sa propre sinistralité peut entrer dans le calcul du taux de cotisation AT/MP : c’est notamment le cas dans le cadre d’une tarification mixte ou individuelle (source : Ameli).
Lorsque l’absence ne peut pas être absorbée par le reste des salariés, l’entreprise doit organiser un remplacement. Cela peut prendre plusieurs formes :
Au salaire du remplaçant s’ajoutent parfois des frais de recrutement, d’agence, de formation ou d’intégration.
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Ils sont plus difficiles à mesurer, mais peuvent représenter une part importante du coût de l’absentéisme sur le lieu de travail.
On peut notamment intégrer :
Mieux vaut éviter d’estimer ces coûts à partir d’un coefficient général. Lorsqu’ils peuvent être mesurés, il est plus pertinent de partir de données concrètes : temps consacré par les managers, production non réalisée, perte de marge ou encore pénalités éventuelles.
L’absentéisme génère également des coûts indirects, plus difficiles à mesurer.
Lorsqu’une équipe doit absorber régulièrement la charge de collaborateurs absents, les salariés présents peuvent ressentir davantage de fatigue, de stress ou de frustration. À terme, la situation peut affecter la motivation, la cohésion et le climat social.
Elle peut aussi alimenter un cercle vicieux : surcharge, désengagement, surprésentéisme, nouvelles absences, voire départs. L’impact du turnover vient alors s’ajouter au coût initial de l’absence.
Avant de chercher à obtenir un montant global, commencez par réunir les données suivantes :
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Une formule opérationnelle peut être construite ainsi :
Coût de l’absentéisme = dépenses liées à l’absence + remplacement + gestion + pertes économiques mesurables
Avec :
Coût employeur de l’absence = maintien de salaire + charges correspondantes – IJSS/prestations récupérées
L’intérêt de cette approche est d’éviter de mélanger plusieurs périmètres.
Par exemple, les indemnités versées par l’Assurance Maladie viennent réduire la part du coût supportée par l’employeur, mais elles ne couvrent pas nécessairement l’ensemble des dépenses liées à l’absence. À cela peuvent s’ajouter des frais de remplacement ou des pertes d’activité.
Prenons une entreprise de 100 salariés qui comptabilise 1 100 jours d’absence sur l’année.
Si elle compte 22 000 journées de travail théoriques :
1 100 / 22 000 × 100 = 5 % de taux d’absentéisme.
Cet exemple est volontairement illustratif : les montants retenus ne constituent pas une moyenne nationale. Il montre qu’à taux d’absentéisme identique, le coût pour l’entreprise peut varier fortement selon les modalités de maintien de salaire, les métiers concernés et les possibilités de remplacement.
Deux entreprises affichant le même taux d’absence peuvent supporter des coûts très différents.
Le résultat dépend notamment :
Les différences sectorielles sont importantes. Selon Ipsos bva pour Workplace Options, le taux observé en 2026 dans leur enquête allait par exemple de 2,4 % dans l’industrie à 3,5 % dans le commerce. Les femmes affichaient également un taux supérieur aux hommes dans cet échantillon (source : Ipsos).
L’absentéisme secteur santé doit donc être analysé avec des références différentes de celles d’un secteur tertiaire où les possibilités de télétravail et d’organisation sont plus larges.
Le montant isolé est peu informatif. L’entreprise doit le suivre chaque mois, trimestre ou année, avec un périmètre constant.
Cette analyse permet de détecter :
Des écarts importants entre deux services peuvent être le signe de difficultés spécifiques : charge de travail trop élevée, manque d’effectif, tensions, pratiques managériales ou contraintes propres à certains métiers.
L’intérêt de cette comparaison est surtout de repérer où se concentrent les difficultés, afin d’en comprendre les causes et d’adapter les actions de prévention.
Le coût doit être rapproché du taux d’absentéisme, de la durée moyenne des arrêts, de leur fréquence, du turnover, des enquêtes d’engagement, des données de santé au travail et des signalements de risques psychosociaux.
Il peut également figurer dans un tableau de bord regroupant les données QVCT, les accidents du travail et, lorsque cela est pertinent, les données issues de la BDESE.
Dans l'enquête Ipsos bva menée auprès de 2 000 actifs du secteur privé, 34 % des personnes ayant connu un arrêt de travail citent comme première cause un facteur directement lié au travail : les pratiques managériales de l’entreprise (13 %), les tensions liées à l’organisation du travail (13 %) ou les pratiques du manager de proximité (8 %).
Une exposition prolongée au stress peut affecter le sommeil, la concentration et les capacités de récupération. Lorsqu’elle s’installe, elle augmente le risque d’épuisement et peut favoriser des arrêts plus longs et le risque de burn out.
La surcharge peut être à la fois une cause et une conséquence de l’absentéisme. Un employé s’absente, sa charge est redistribuée, les salariés présents s’épuisent à leur tour : le phénomène peut rapidement devenir collectif.
Certaines pratiques de management peuvent, sans qu’on s’en rende toujours compte, alimenter les tensions : consignes contradictoires, manque de reconnaissance, charge difficile à tenir, faible autonomie ou changements mal accompagnés.
Quand ces situations s’installent, elles peuvent dégrader la qualité de vie au travail et augmenter le risque de stress, de désengagement ou d’absence. La prévention passe donc aussi par la façon dont le travail est organisé et dont les équipes sont accompagnées au quotidien.
Commencez par analyser les données RH, les arrêts courts et longs, les écarts entre équipes et les entretiens de retour. Cette démarche constitue la base d’une politique d'absentéisme efficace.
Rééquilibrage de la charge, flexibilité, amélioration des process, droit à la déconnexion, reconnaissance ou évolution professionnelle peuvent réduire certains facteurs de risque.
Les managers doivent pouvoir repérer les signaux faibles, organiser la charge et maintenir le dialogue sans se substituer à un professionnel de santé.
L’accès à des ressources de prévention, à des psychologues et à des contenus de psychoéducation peut compléter les actions menées sur l’organisation du travail. Il permet notamment d’agir avant qu’une situation ne se transforme en arrêt long.
Cette prévention permet également de mieux documenter le coût caché du mal être au travail et de cibler les investissements là où ils ont le plus d’impact.
teale agit à la fois sur l’individuel et le collectif. Chaque collaborateur peut évaluer sa santé mentale, accéder à un programme personnalisé, consulter des contenus de psychoéducation et prendre rendez-vous avec un psychologue ou un coach.
Côté RH, les données sont agrégées et anonymisées afin d’identifier les facteurs de stress, suivre les tendances et adapter les actions de prévention. La solution teale accompagne aussi les managers avec des formations et des ateliers dédiés aux signaux faibles, à la charge de travail et aux risques psychosociaux.
Parce que les entreprises calculent plus facilement les coûts de paie et de remplacement que les pertes de productivité, le temps managérial, les retards ou l’impact sur le climat social.
Les coûts indirects : désorganisation, baisse de qualité, perte de marge, surcharge des équipes ou dégradation de l’engagement. Ils doivent être estimés à partir de données observables pour éviter les doubles comptes.
Il faut intégrer l’intérim, les CDD, la sous-traitance, les frais de recrutement et de formation, ainsi que le temps consacré à l’intégration du remplaçant.
Le taux d’absentéisme, le nombre de journées d’absence, leur fréquence et leur durée, les arrêts longs, les coûts de remplacement, le turnover, l’engagement, les accidents du travail et les données de santé mentale.
Pas nécessairement au même niveau. Une absence courte sans remplacement peut avoir un coût limité, tandis qu’une absence longue sur un poste critique peut générer des dépenses importantes. Le coût de l'absence d'un employé dépend donc autant de la durée que du métier, de l’organisation et de la capacité de l’entreprise à absorber l’absence.
4,98%
En France, le taux d’absentéisme a atteint 4,98 % en 2025, contre 4,84 % en 2024. La proportion de salariés absents est remontée à 37 %, tandis que la durée moyenne des arrêts s’établit à 21,1 jours.
À NOTER
Les congés payés, RTT, congés de formation ou autres absences prévues et autorisées ne sont généralement pas intégrés au moment de calculer le taux.
À NOTER
Ces dépenses doivent être isolées de la charge salariale du collaborateur absent pour éviter de compter deux fois la même charge.
À NOTER
Il est également utile de suivre la durée des arrêts. Selon les données 2025 de l’Observatoire de la performance sociale de Diot-Siaci, les arrêts longs de plus de 90 jours représentaient plus de la moitié du taux d’absentéisme.
Les clés pour accompagner les situations sensibles de A à Z
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